Le Président Ndayishimiye ouvre la 5ᵉ édition du Dialogue continental sur la Jeunesse, Paix et Sécurité

Le Président Ndayishimiye ouvre la 5ᵉ édition du Dialogue continental sur la Jeunesse, Paix et Sécurité

Le Président de la République du Burundi, Son Excellence Évariste Ndayishimiye, également Président en exercice de l’Union africaine et Champion de l’UA pour l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, a procédé, ce lundi 10 août 2026, au Palais de Kiriri, à l’ouverture officielle de la 5ᵉ édition du Dialogue continental sur l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, élargi cette année à l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité autour du thème : « Eau, Paix et Leadership inclusif en Afrique : institutionnalisation du rôle stratégique des jeunes et des femmes dans la prévention des conflits, la gestion des crises et la consolidation durable de la paix grâce à une gouvernance responsable des ressources ».

Dans son discours, le Chef de l’État a d’abord souhaité la bienvenue aux jeunes et aux différents participants avant de rappeler que la capitale burundaise a été consacrée Capitale africaine de la Jeunesse par la Décision 868 de la 37ᵉ Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine, qui a également institutionnalisé le Dialogue continental comme un rendez-vous annuel devant se tenir à Bujumbura.

Le Président Ndayishimiye a souligné que cette rencontre constitue une occasion de renforcer le dialogue, l’innovation et la mobilisation de la jeunesse africaine en faveur de la paix, de la sécurité et du développement durable.

Abordant la question de l’eau, le Président de la République a rappelé que l’Union africaine a placé l’année 2026 sous le thème : « Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
Il a ainsi souligné que l’accès à l’eau potable reste un défi pour des millions d’Africains, avec des conséquences particulièrement lourdes pour les femmes, les jeunes filles et les enfants qui parcourent parfois de longues distances pour s’approvisionner.

Selon le Chef de l’État, garantir un accès équitable à l’eau contribue à améliorer la santé publique, à favoriser l’éducation des jeunes filles, à renforcer l’autonomisation économique des femmes et à accroître la production agricole.

Cependant, la rareté et la mauvaise gestion de cette ressource peuvent également devenir des facteurs de tensions entre États et entre communautés. Le Président Ndayishimiye a notamment évoqué les tensions liées au partage des ressources du bassin du Nil, ainsi que les conflits entre agriculteurs et éleveurs autour de l’accès à l’eau et aux pâturages.

Il a appelé à une gestion durable et inclusive des ressources hydriques, au renforcement de la coopération entre les États et à la mobilisation des investissements et de l’innovation afin de faire de l’eau un facteur de développement, de paix et de prospérité.

Le deuxième axe du discours présidentiel a porté sur la consolidation de la paix et de la sécurité, présentée comme une condition indispensable au développement durable et à l’intégration du continent.

Le Chef de l’État a rappelé que l’objectif de l’Union africaine de faire taire les armes demeure essentiel pour permettre la libre circulation des personnes, des biens et des services et favoriser la pleine réalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Pour lui, les conflits en Afrique trouvent leurs origines dans facteurs, notamment la faiblesse des institutions et la mauvaise gouvernance, les facteurs économiques et la compétition autour des ressources, ainsi que certains effets de l’héritage colonial et des dynamiques géopolitiques.

Le Président Ndayishimiye a également attiré l’attention sur le chômage des jeunes, qui peut les rendre vulnérables au recrutement par des groupes armés. Il a encouragé les jeunes à privilégier l’entrepreneuriat et la création d’activités économiques, estimant que l’Afrique dispose encore d’importantes ressources et opportunités à valoriser.

Il a, dans ce contexte, lancé un appel aux jeunes à se désengager de la violence et à devenir des acteurs de paix, de développement et de transformation du continent.

L’extension du Dialogue continental à l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité traduit, selon le Président, la volonté de renforcer la participation des femmes dans les processus de prévention et de résolution des conflits. Il a rappelé que les femmes sont souvent parmi les premières victimes des conflits, mais qu’elles jouent également un rôle important dans la prévention des violences et la consolidation de la paix, notamment au sein des familles et des communautés. Il a ainsi appelé à renforcer leur participation dans la vie politique et dans les processus de prise de décision.

S’agissant de la jeunesse, il a insisté sur la nécessité de la considérer non plus comme une simple bénéficiaire des politiques publiques, mais comme un acteur stratégique de la transformation de l’Afrique.

« Quand les jeunes et les femmes avancent, l’Afrique progresse », a-t-il souligné, appelant les dirigeants à écouter, soutenir et accompagner cette nouvelle génération.

Le Président Ndayishimiye a également plaidé pour un leadership inclusif, fondé sur la participation de toutes les composantes de la société. Il a insisté sur la nécessité d’associer davantage les jeunes, les femmes aux processus de prise de décision.

Pour lui, le leadership doit être orienté vers le bien-être collectif et s’appuyer sur des valeurs africaines telles que l’unité, la solidarité et l’Ubuntu.

La gouvernance responsable des ressources constitue également, selon le Chef de l’État, un élément essentiel de la stabilité du continent. Les ressources naturelles de l’Afrique doivent être gérées de manière transparente, équitable et durable afin de lutter contre la « malédiction des ressources » et de les transformer en véritables moteurs du développement économique.

Le Président de la République a enfin appelé à renforcer les investissements dans l’éducation, les nouvelles technologies, la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat.

L’Afrique, a-t-il estimé, dispose des compétences et des ressources nécessaires pour produire ses propres solutions et accélérer son développement. Il a encouragé les jeunes à croire davantage en leurs capacités et à mettre leur créativité au service de la transformation du continent

Il a également cité plusieurs initiatives mises en œuvre au Burundi en faveur de l’autonomisation économique des jeunes et des femmes, notamment le Programme d’autonomisation économique et de création d’emplois pour les jeunes (PAEEJ), ainsi que les Banques d’investissement pour les jeunes et pour les femmes.

À l’échelle continentale, il a appelé à davantage de synergie entre les différentes initiatives en faveur de la jeunesse et des femmes, afin de parvenir à des résultats concrets et durables.

En clôturant son intervention, le Président Ndayishimiye a souhaité que les travaux de cette 5ᵉ édition aboutissent à une feuille de route ambitieuse et réaliste, permettant de renforcer la contribution des jeunes et des femmes à la paix, à la sécurité et au développement de l’Afrique.

Il a appelé les participants à œuvrer pour une Afrique qui privilégie l’intégration, le dialogue, l’innovation et la paix, et où les jeunes et les femmes disposent pleinement des moyens de contribuer à la construction d’un continent prospère, intégré et pacifique.